Dans de nombreux jardins, l’olivier est devenu un repère visuel autant qu’un marqueur de confort estival. Installé près d’une terrasse, à l’entrée d’une maison ou dans un grand bac, il accompagne l’habitat au quotidien. Vient pourtant un moment où ses racines se heurtent aux contraintes d’une dalle, d’un mur ou d’un projet de travaux. Faut-il alors couper, déplacer, contenir ou renoncer ? La question est loin d’être anecdotique, car un geste trop radical peut fragiliser durablement l’arbre et déséquilibrer tout un aménagement extérieur.
Comprendre comment fonctionne le système racinaire d’un olivier permet d’éviter ces décisions prises dans l’urgence. Sous un tronc compact, il déploie un réseau complexe, largement superficiel, qui dialogue en permanence avec le sol, l’eau et les structures voisines. Couper des racines ne se résume pas à “faire de la place” : c’est modifier la façon dont l’arbre se nourrit, se stabilise et supporte sécheresses ou coups de vent. Dans un contexte d’habitat durable, où chaque intervention doit rester cohérente et mesurée, mieux vaut savoir jusqu’où aller sans faire basculer l’équilibre.
En bref
- Couper les racines d’un olivier est possible, mais seulement avec une approche mesurée, préparée et adaptée à l’âge de l’arbre.
- Ne pas retirer plus de 25 % du système racinaire lors d’une intervention, en gardant une distance suffisante par rapport au tronc.
- Privilégier le printemps ou le début d’automne pour intervenir, afin que l’arbre puisse reformer des racines dans de bonnes conditions.
- Soigner la phase post-coupe : arrosage raisonné, paillage, amélioration du sol et, si besoin, taille légère de la ramure.
- Explorer les alternatives à la coupe : barrières anti-racines, optimisation du sol, mycorhizes, réflexion sur l’implantation et les distances avec la maison.
Comprendre les racines d’un olivier avant de les couper : anatomie, rôle et zones à risque
Pour intervenir avec bon sens sur les racines d’un olivier, il est essentiel de visualiser ce qui se passe sous la surface. Contrairement à l’idée d’une “grosse racine” centrale, l’olivier développe un système très ramifié, proche d’une ombrelle étalée. Sur un sujet d’une dizaine d’années bien installé, le réseau peut se déployer jusqu’à une dizaine de mètres de diamètre, avec des racines plongeant parfois à 1,5 ou 1,8 mètre dans un sol profond et filtrant.
La majorité de l’activité vitale se concentre pourtant dans les premiers centimètres. On estime qu’environ 70 % des racines absorbantes se situent dans cette couche superficielle, là où l’on trouve la plus grande part d’oxygène, de nutriments disponibles et d’humidité. Ce maillage fin, quasi invisible à l’œil nu, agit comme un réseau de capteurs qui alimentent en eau et en minéraux l’ensemble de la ramure et des fruits.
Racines structurantes et racines fines : deux fonctions complémentaires
Le système racinaire de l’olivier se compose de deux grandes catégories. D’un côté, des racines charpentières, plus épaisses, qui assurent l’ancrage mécanique de l’arbre et explorent des horizons de sol plus profonds. De l’autre, un fouillis de petites racines blanches ou beige clair, très fragiles, qui sont les véritables organes d’absorption. Lorsque l’on coupe des racines près du tronc, ce sont souvent les charpentières qui sont atteintes, avec un impact direct sur la stabilité.
À l’inverse, lorsqu’un terrassement touche des zones plus éloignées, ce sont surtout les racines fines qui sont sacrifiées. L’arbre perd alors une partie de sa capacité à se nourrir et à gérer le stress hydrique. Dans les deux cas, le dommage reste réel, mais la nature du risque change : perte de solidité d’un côté, déficit d’alimentation de l’autre. C’est cette distinction qui doit guider le choix des zones d’intervention.
Une “ombrelle” souterraine à intégrer dans l’aménagement du jardin
Dans un projet d’habitat cohérent, l’olivier devrait être imaginé dès la plantation comme un volume complet, tronc, feuillage et racines inclus. À la façon de Lucas, propriétaire d’une maison rénovée en périphérie de Marseille, qui a fait le choix de planter son olivier à plus de 5 mètres de la future terrasse. Résultat : pas de conflit entre dallage et racines vingt ans plus tard, et un arbre qui a pu s’épanouir sans contrainte inutile.
À l’inverse, un olivier planté “au pied de la baie vitrée” pour profiter d’une belle perspective se retrouvera très vite à l’étroit. Les racines chercheront naturellement les zones de sol meuble, parfois le long des fondations ou sous un dallage mal drainé. Comprendre cette logique d’exploration permet d’anticiper plutôt que de corriger dans l’urgence.
Zones critiques : Ă quelle distance du tronc la coupe devient-elle dangereuse ?
Pour estimer une distance raisonnable de coupe, les professionnels utilisent couramment la règle des 8 diamètres. Elle consiste à multiplier le diamètre du tronc à hauteur de poitrine par huit pour déterminer un rayon minimal à respecter. Sur un tronc de 15 cm, la distance minimale de confort se situe donc autour de 1,20 mètre. Travailler plus près revient à toucher des racines structurantes, avec un risque accru de basculement lors d’épisodes venteux.
Cette règle vient s’ajouter à un autre repère : ne pas supprimer plus de 25 % du volume racinaire en une seule opération. Au-delà , l’arbre entre dans une zone de stress intense, où le risque de dépérissement progressif devient sérieux. Les feuilles jaunissent, la croissance ralentit, certaines branches sèchent à partir de leur extrémité. Même si l’olivier semble tenir quelques mois, la dette biologique se paie souvent dans les années qui suivent.
| Type de coupe | Impact sur l’olivier | Niveau de risque |
|---|---|---|
| Moins de 10 % des racines, loin du tronc | Stress léger, souvent invisible en surface si l’arbre est sain | Faible |
| Entre 10 % et 25 %, à distance correcte | Ralentissement temporaire, besoin d’un suivi en eau et en paillage | Moyen |
| Plus de 25 % du système racinaire | Risque de dessèchement, branches qui dépérissent, mortalité possible | Élevé |
| Coupe proche du tronc (moins de 8 x le diamètre) | Atteinte des racines charpentières, perte de stabilité, choc sévère | Très élevé |
Avant de tracer un coup de bêche, il devient donc logique de se demander : quelle part réelle du système racinaire sera impactée, et à quelle distance ? Cette grille de lecture servira de base à la décision dans les situations concrètes du jardin.

Couper les racines d’un olivier : dans quels cas est-ce justifiable autour de la maison ?
Les contraintes d’un habitat existant imposent parfois des arbitrages. Travaux de terrasse, pose d’une piscine, réfection d’un réseau d’eaux usées : l’olivier n’était pas toujours prévu dans le plan initial, et ses racines se retrouvent sur le trajet. Plutôt que de choisir entre “tout couper” ou “abattre l’arbre”, il est possible d’identifier les situations où une coupe partielle constitue un compromis acceptable.
Sur de nombreux chantiers, les paysagistes constatent que le problème aurait pu être évité avec un simple recul de quelques mètres à la plantation. Mais lorsque l’arbre est déjà installé depuis dix ou quinze ans, l’objectif devient de limiter le conflit avec les ouvrages tout en préservant la santé de l’olivier. Cela implique d’analyser précisément l’enjeu : racines envahissant un bac, racines soulevant un dallage, ou simple gêne ponctuelle lors d’un remblai.
Rempotage et culture en bac : gérer un volume racinaire confiné
Les oliviers en pot ou en bac sont très présents sur les terrasses des maisons récentes. Après quelques années, les racines tournent en spirale, occupent tout le volume disponible et finissent par asphyxier l’arbre. Dans ce cas, la taille des racines n’est pas un caprice, mais une étape normale du rempotage.
Lors du changement de contenant, il est possible de réduire de 20 à 25 % la masse racinaire, en coupant proprement les racines qui forment un “chignon” au fond du pot. L’essentiel est de rempoter dans un substrat très drainant (mélange de terre de jardin légère, sable grossier et compost mûr) et de ne pas compacter excessivement la terre. Cette opération, si elle est réalisée au bon moment, permet au contraire de relancer la vitalité de l’arbre.
Transplantation en pleine terre : déplacer un olivier sans le condamner
Déplacer un olivier déjà implanté en pleine terre reste une opération engagée, mais pas impossible. Dans un projet de rénovation de maison, il est fréquent de devoir libérer une zone pour agrandir une pièce ou créer une terrasse. La solution retenue par certains propriétaires consiste à transplanter l’olivier en conservant une large motte de terre autour des racines.
La méthode consiste à tracer un cercle autour du tronc, à une distance au moins égale à huit fois son diamètre, puis à creuser progressivement pour dégager une motte compacte. Les racines sont alors sectionnées net à la périphérie, ce qui leur permet de cicatriser et de réémettre de nouveaux départs. Cette technique demande du temps, voire l’intervention d’un engin de levage pour les sujets plus âgés, mais elle offre davantage de chances de reprise qu’un arrachage brutal.
Racines menaçant une terrasse, un mur ou des canalisations
Le cas le plus sensible, du point de vue de l’habitat, concerne les racines qui soulèvent une terrasse, fragilisent un muret ou s’infiltrent le long de canalisations anciennes. Un olivier planté à moins de deux mètres d’un ouvrage léger finit souvent par exercer une pression suffisante pour déplacer quelques centimètres de dallage ou fissurer un mur peu fondé.
La réaction instinctive consiste à couper radicalement toutes les racines visibles, au plus près de la structure. Cette approche résout parfois le problème à court terme mais expose l’arbre à un stress massif. Une démarche plus mesurée repose sur trois étapes : identifier précisément les racines en cause, pratiquer une coupe ciblée à une certaine distance du tronc, puis installer une barrière anti-racines enterrée, qui dévie le réseau racinaire vers une zone moins sensible. Le mur ou la terrasse sont ainsi protégés, et l’arbre conserve une bonne partie de sa base fonctionnelle.
Racines malades ou abîmées : assainir sans fragiliser le reste
Dans certains sols très lourds ou mal drainés, des sections de racines peuvent être atteintes par la pourriture ou des champignons pathogènes. C’est souvent le cas après des périodes de pluie prolongée, sur des terrains remblayés sans véritable structure. Ici, l’enjeu n’est plus de faire de la place pour un ouvrage, mais de stopper la progression d’une infection.
La bonne pratique consiste à repérer les racines noircies, molles ou malodorantes, puis à les recouper au-delà de la zone atteinte, sur un bois sain, en désinfectant soigneusement les outils entre chaque coupe. Cette taille sanitaire, couplée à une amélioration du drainage (apport de gravier, pente légère), redonne à l’arbre un environnement plus sain. L’objectif n’est pas tant de réduire les racines que d’assainir le réseau.
Dans chacune de ces situations, la décision de couper doit rester argumentée : pourquoi intervenir, sur quelle portion du système racinaire, et avec quel plan de suivi derrière ? C’est cette logique qui permet ensuite de structurer une méthode fiable.
Méthode sécurisée pour couper les racines d’un olivier : étapes, outils et marges de sécurité
Une fois le besoin d’intervention clairement identifié, la manière de couper les racines fait toute la différence. Un olivier réagit bien mieux à des coupes nettes, limitées et planifiées, qu’à des déchirures provoquées par des coups de pelle précipités. L’objectif est de réduire au maximum le traumatisme infligé à l’arbre, tout en respectant les contraintes du chantier ou de l’aménagement.
La méthode peut se résumer en trois grands volets : choisir le bon moment, préparer la zone de travail et soigner la qualité des coupes. Ces étapes, simples sur le papier, demandent de la rigueur et une certaine discipline sur le terrain.
Choisir la bonne période : éviter les extrêmes climatiques
Les oliviers supportent beaucoup mieux une coupe racinaire dans des conditions tempérées. Les périodes idéales se situent en printemps, de préférence d’avril à mai, ou en début d’automne, entre septembre et octobre. L’arbre dispose alors de suffisamment d’énergie pour produire de nouvelles racines, sans subir les fortes chaleurs ou les gels prolongés.
À l’inverse, intervenir en pleine canicule augmente considérablement le stress hydrique. Les racines restant en place peinent à compenser la perte des racines supprimées, et la transpiration des feuilles absorbe une grande partie des réserves. Les épisodes de gel intense ne sont pas plus favorables : les tissus racinaires coupés cicatrisent mal et restent vulnérables aux maladies. Attendre une fenêtre météo plus clémente relève ici du simple réalisme.
Délimiter la zone de coupe : appliquer la règle des 8 diamètres
Avant le premier coup de bêche, il est utile de mesurer le diamètre du tronc à environ 1,30 mètre du sol, puis de multiplier cette valeur par huit. La distance obtenue sert de repère minimal pour placer les coupes les plus importantes. Sur un sujet de 20 cm de diamètre, on cherchera donc à rester au-delà d’un rayon de 1,60 mètre autour du tronc pour les interventions significatives.
Cette règle ne signifie pas qu’aucune racine ne doit jamais être touchée plus près, mais elle trace un cadre de prudence. Dans un sol encombré de réseaux ou proche d’une maison, on adaptera évidemment ce rayon. Toutefois, chaque dérogation devra être compensée par une réduction de la quantité totale de racines enlevées et par une attention renforcée au suivi post-coupe.
Outils et gestes : privilégier les coupes nettes et propres
Les outils utilisés influencent directement la qualité de la cicatrisation. Un sécateur de force pour les petites racines, une scie bien affûtée ou une égoïne pour les sections plus épaisses permettent de réaliser des coupes franches. Il est recommandé de désinfecter régulièrement l’outil avec de l’alcool ou une solution adaptée, surtout lorsque plusieurs arbres sont concernés.
La coupe doit être légèrement inclinée, autour de 45°, pour éviter que l’eau ne stagne sur la plaie. Arracher ou écraser une racine avec un godet de mini-pelle génère des fibres déchirées, bien plus sensibles aux champignons. Lorsque l’usage d’un engin mécanique est indispensable, il reste possible de finir les racines principales à la main pour améliorer l’état final des sections.
- Étape 1 – Observation : vérifier l’état général de l’arbre (feuillage, vigueur, présence de maladies).
- Étape 2 – Traçage : matérialiser au sol, avec une bombe ou un cordeau, le cercle de travail basé sur le diamètre du tronc.
- Étape 3 – Décaissement : creuser progressivement en suivant le tracé, pour repérer les racines à couper.
- Étape 4 – Coupe : sectionner les racines identifiées avec des outils propres, sans les vriller.
- Étape 5 – Reconstitution : reboucher avec une terre structurée, en intégrant éventuellement du compost bien décomposé.
Ce protocole demande un peu plus de temps qu’une intervention improvisée, mais il réduit nettement le risque de perte d’un arbre adulte, souvent coûteux à remplacer, sans parler de l’impact esthétique sur le jardin.
Accompagner l’olivier après la coupe des racines : eau, sol et taille du houppier
Une fois les racines coupées, l’essentiel ne se joue plus dans la terre, mais dans l’équilibre entre la partie souterraine et la partie aérienne. Un olivier qui a perdu une fraction de son système racinaire ne peut plus alimenter sa ramure de la même manière. Ignorer ce déséquilibre revient à lui demander le même effort avec moins de moyens.
Le suivi post-coupe repose sur trois leviers principaux : l’arrosage maîtrisé, la gestion du sol et la taille de la ramure. Chacun contribue à redonner à l’arbre des marges de manœuvre, le temps qu’il reforme de nouvelles racines fonctionnelles.
Arrosage : trouver le bon rythme entre sécheresse et excès d’eau
Immédiatement après l’intervention, un arrosage copieux au pied aide à remettre en contact les particules de sol et les racines restantes. Ensuite, le geste doit devenir plus mesuré. L’objectif est d’éviter aussi bien le dessèchement que l’asphyxie racinaire. Un sol constamment détrempé, surtout s’il est argileux, favorise les maladies et limite l’oxygénation.
Dans la pratique, il est pertinent d’alterner arrosages modérés et légers temps de ressuyage, en observant la réaction du feuillage. Des feuilles qui se recroquevillent ou deviennent ternes indiquent souvent un stress hydrique. À l’inverse, un feuillage qui jaunit uniformément peut signaler un excès d’eau, en particulier si le sol reste collant plusieurs jours après l’arrosage.
Paillage et amélioration du sol : stabiliser le microclimat racinaire
Installer un paillage organique au pied de l’olivier permet de limiter l’évaporation, de protéger la surface du sol des chocs thermiques et, à terme, de nourrir la vie microbienne. Copeaux de bois, broyat de taille, feuilles mortes ou mélange de ces matériaux sont adaptés, à condition de ne pas les coller directement contre le tronc pour éviter les excès d’humidité.
L’intégration de compost mûr dans les 10 à 20 premiers centimètres du sol, en surface ou lors du rebouchage, apporte des éléments nutritifs progressifs. En renforçant la structure, ce travail améliore la porosité du sol et facilite l’émission de nouvelles racines fines. L’objectif n’est pas de “gaver” l’arbre d’engrais, mais de créer un environnement de racines accueillant, compatible avec une gestion de l’eau sobre et efficace.
Taille de la ramure : alléger la demande en eau et en nutriments
Après une coupe racinaire significative, une taille douce du houppier s’avère souvent utile. Réduire légèrement le volume de branches permet de diminuer la surface foliaire, donc la transpiration et la demande en sève. Cela aide l’olivier à passer le cap des premiers mois avec un système racinaire amputé.
Concrètement, cela passe par la suppression de quelques branches concurrentes, l’éclaircie de l’intérieur de la couronne et la réduction de quelques prolongements trop vigoureux. Les tailles extrêmement sévères, consistant à rabattre l’arbre sur de grosses charpentières, ne sont à envisager que sur des sujets déjà très affaiblis, et avec prudence. L’objectif reste l’équilibre entre ce que les racines peuvent fournir et ce que la ramure consomme, pas la transformation radicale de la silhouette.
| Action réalisée après coupe | Effet recherché | Conseil d’application |
|---|---|---|
| Arrosage raisonné | Limiter le stress hydrique et favoriser la repousse racinaire | Arroser au pied, laisser sécher légèrement entre deux apports |
| Paillage organique | Stabiliser l’humidité et dynamiser la vie du sol | Épaisseur de 5 à 8 cm, sans contact direct avec le tronc |
| Taille légère de la ramure | Réduire la transpiration des feuilles | Éviter les tailles drastiques, intervenir hors périodes de canicule |
| Engrais organique doux | Soutenir l’arbre sans provoquer de poussées fragiles | Utiliser compost mûr ou engrais spécial olivier à faible dose |
Bien menées, ces actions transforment une coupe racinaire potentiellement risquée en étape de transition maîtrisée. L’arbre dispose de conditions favorables pour reconstruire sa base, sans qu’il soit nécessaire de multiplier les apports ou les traitements.
Alternatives à la coupe : barrières, mycorhizes et conception d’un jardin compatible avec l’olivier
Dans une logique d’habitat durable, la meilleure intervention reste souvent celle que l’on a évitée grâce à une bonne conception initiale. Pour un olivier, cela signifie penser l’implantation, le sol et la cohabitation avec les ouvrages bâtis dès le départ. Lorsqu’il est déjà en place, il existe encore des solutions pour réduire la pression des racines sur les structures sans recourir systématiquement à la coupe.
C’est le choix qu’a fait par exemple une famille installée dans le Var, confrontée à des racines d’olivier s’approchant d’une piscine. Plutôt que d’élaguer régulièrement les racines côté bassin, un terrassier a mis en place une barrière anti-racines sur une profondeur d’environ 80 centimètres, à distance raisonnable du tronc. Quelques coupes ciblées ont accompagné l’installation, puis plus aucune intervention lourde n’a été nécessaire pendant de longues années.
Barrières anti-racines et réflexion sur les distances de plantation
Les barrières anti-racines sont des membranes rigides ou semi-rigides, enterrées verticalement, qui redirigent les racines vers des zones moins sensibles. Elles ne bloquent pas totalement le système racinaire, mais l’empêchent de s’insinuer sous une dalle, le long d’un mur ou dans un lit de canalisations. Utilisées à la bonne profondeur, elles permettent de coordonner la croissance de l’arbre et celle des ouvrages.
Pour les projets de plantation à venir, la question des distances à respecter reste centrale. Planter un olivier “collé” à la maison peut sembler esthétique à court terme, mais cette proximité devient rarement compatible avec une terrasse sur plots, des réseaux enterrés ou un mur peu fondé. Miser sur quelques mètres supplémentaires au départ, c’est s’épargner de nombreuses coupes racinaires plus tard.
Amélioration du sol : un environnement sain limite les comportements à risque
De nombreuses racines posent problème parce qu’elles cherchent désespérément un sol plus respirable, plus drainant ou plus riche en matière organique. Dans un terrain compacté par les engins, l’eau circule mal et l’oxygène se fait rare. Les racines explorent alors les limites de dalles, les joints de canalisations ou les fissures de murs, qui offrent des conditions de vie légèrement meilleures.
Travailler le sol autour de l’olivier, en incorporant du compost mûr, en ajoutant du sable grossier dans les couches superficielles et en évitant de le tasser de manière répétée (passages fréquents de véhicules, stockage de matériaux), contribue à créer une zone racinaire attractive et fonctionnelle. Les racines ont alors moins tendance à s’échapper vers les ouvrages bâtis, ce qui limite la nécessité de coupes correctrices.
Mycorhizes : renforcer l’efficacité racinaire sans développer des racines géantes
Les mycorhizes sont des champignons microscopiques qui vivent en association avec les racines de nombreux arbres, dont l’olivier. En échange d’une petite partie des sucres fournis par l’arbre, ces champignons étendent significativement la capacité d’absorption du système racinaire. Ils permettent notamment de mieux capter l’eau et certains nutriments, même lorsque les conditions de sol sont imparfaites.
Dans le cas d’un olivier ayant subi une coupe racinaire ou installé en sol pauvre, l’apport d’un inoculum mycorhizien spécifique peut soutenir la reprise. Ces produits, désormais disponibles dans la plupart des jardineries spécialisées, s’appliquent lors d’un rempotage ou d’un travail du sol autour de l’arbre. Ils ne remplacent ni un bon sol ni un arrosage adapté, mais s’inscrivent dans une stratégie globale de renforcement biologique.
L’essentiel, au final, consiste à considérer l’olivier comme un partenaire de long terme du projet d’habitat. En combinant distances de plantation réfléchies, travail du sol, barrières physiques lorsque nécessaire et interventions mesurées sur les racines, il devient possible de préserver à la fois la maison, la terrasse et la santé de l’arbre.
Peut-on couper les racines d’un olivier sans le tuer ?
Oui, à condition de rester mesuré et méthodique. Il est recommandé de ne pas retirer plus de 25 % du système racinaire lors d’une seule intervention, de couper à une distance suffisante du tronc (environ 8 fois son diamètre) et de choisir une période favorable comme le printemps ou le début de l’automne. Avec un arrosage adapté, un paillage et, si besoin, une taille légère de la ramure, un olivier en bonne santé supporte généralement bien ce type de coupe modérée.
Quelle est la meilleure saison pour intervenir sur les racines d’un olivier ?
Les meilleurs moments se situent au printemps, entre avril et mai, ou au début de l’automne, en septembre et octobre. L’olivier dispose alors d’assez d’énergie pour reformer des racines sans subir d’extrêmes climatiques. Il est préférable d’éviter les périodes de canicule, de sécheresse prolongée ou de gel marqué, qui augmentent fortement le stress subi par l’arbre.
Comment savoir si la coupe des racines a été trop sévère ?
Des signes comme un jaunissement rapide du feuillage, une chute massive de feuilles, des rameaux qui sèchent à partir de leur extrémité ou une sensibilité inhabituelle au vent indiquent souvent une coupe excessive. Dans ce cas, il est utile de réduire légèrement la ramure, d’ajuster l’arrosage (ni excès, ni manque), de pailler le sol et, si possible, d’améliorer sa structure avec du compost mûr pour aider l’arbre à reconstituer des racines.
Que faire si les racines d’un olivier soulèvent une terrasse ou menacent un mur ?
Avant toute chose, il est important d’identifier précisément les racines responsables. Une coupe ciblée, réalisée à une certaine distance du tronc avec des outils propres, peut être associée à la pose d’une barrière anti-racines enterrée, qui dévie le réseau vers une zone moins sensible. Cette solution permet souvent de protéger la structure tout en conservant l’arbre. En cas de doute, l’avis d’un arboriste ou d’un paysagiste habitué aux oliviers est précieux.
Faut-il tailler les branches après avoir coupé des racines ?
Ce n’est pas systématique, mais conseillé après une coupe racinaire importante. Une taille douce, visant à alléger le volume de la ramure sans mutiler l’arbre, réduit la demande en eau et en nutriments alors que les racines sont affaiblies. En pratique, supprimer quelques branches concurrentes, éclaircir l’intérieur de la couronne et limiter les prolongements trop vigoureux suffisent le plus souvent à rééquilibrer l’ensemble.


